colle sur l'hygiénisme

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colle sur l'hygiénisme

Message  anais le Mer 24 Déc - 20:40

Bon alors voila je vous envoie ma fiche sur ma colle de géo, bonne lecture lol et surtt bonnes vacances!!!
L’hygiénisme

Dans l’Antiquité grecque , hygie, fille d’Asclépios(dieu de la médecine)était la déesse de la santé, de la propreté et de l’hygiène. C’est elle que représente Gustave Klimt en 1900 dans son tableau La médecine, hygie . Le titre du tableau allie médecine et hygiène. Ces deux dimensions se retrouveront dans l’hygiénisme, mot sans entrée dans le dictionnaire jusqu’à il y a peu mais qui pourtant correspond a une réalité. L’hygiénisme c’est d’abord un souci exclusif de l’hygiène. Il s’occupe des règles et des pratiques nécessaires pour conserver et améliorer la santé. Cela correspond a un souci récent dans l’histoire de l’humanité et s’ancre profondément dans le XIXe siècle au moment ou apparait un discours sécuritaire et moral en matière de mode de vie et d’alimentation. C’est avant tout une entreprise d’assainissement qui consacre la naissance de la santé publique. Dès lors l’on peut s’interroger sur les conséquences sanitaires de l’hygiénisme? Quel environnement a-t-il contribué a créer? Quel environnement culturel a permis son apparition? Assiste-t-on de nos jours a la montée en puissance d’un nouvel hygiénisme?

I. L’hygiénisme, un nouveau regard posé sur l’environnement
A)Des airs
Le XIXe siècle est le siècle de la toux et de la tuberculose. L’air de la campagne avec son fumier et ses ordures est autant fustigé que celui de la ville avec ses halles et ses abattoirs publics. On s’intéresse aux émanations, aux miasmes et l’on croit que les mauvaises odeurs ont une incidence directe sur la santé. Alain Corbin a très bien montré cela dans Le miasme et la jonquille. Pour y pallier l’on pave les rues, on impose des poubelles, on enlève les briques en contact avec le sol…
B)Des eaux
Les hygiénistes associent les maladies a l’eau comme élément soit vicié soit purificateur; Dans une perspective néo-hippocratique on vilipende les marais, les mares et tout ce qui peut représenter pour la santé des habitants des exhalaisons douteuses. Cf. Traité d’hygiène publique et privée de Michel Lévy « Les marais ont fait périr plus d’hommes qu’aucun autre fléau. » On mena donc a bien des travaux de drainage des marais, de reboisement, d’épuration des eaux ou de mise en culture.
C)Pauvreté et pathologie
L’environnement est aussi l’environnement social. On se rend compte au XIXe que l’environnement physique n’est pas seul a prendre en compte. Il y a multifactorialité des phénomènes. Ainsi on considère que la maladie est une caractéristique exclusive de la pauvreté. On a par exemple établi des rapports significatifs entre les taux de mortalité cholérique et les conditions de vie des classes laborieuses. La santé devient donc révélateur social. Cf. enquêtes de Villermé ou Classes laborieuses, classes dangereuses de Michel Chevalier. Curieusement cette inégalité était médicalement interprétée comme l’expression d’une dégénérescence physique et morale des classes inférieures. Le pathologique est l’effet de l’immoralité. L’Œuvre d’Haussmann est de ce point de vue significative puisqu’il s’agit également d’éloigner les pauvres des centres villes.

II. Le triomphe de l’hygiénisme au XIXe siècle
A)Un environnement culturel renouvelé et des mentalités qui évoluent
Le XIXe siècle voit la naissance de la santé publique. Dès lors on prend conscience qu’une maladie nait dans des conditions précises et qu’il suffit d’en changer l’un des éléments pour la supprimer. Les comportements individuels sont a redresser par une démarche collective. L’hygiène devient alors affaire de politique. On met l’accent sur l’attitude de prévention: circonscrire les commencements, repérer les premiers symptômes. Le raisonnement anticipateur s’est modernisé. Le médecin revendique une influence qu’il n’avait pas en acquérant un prestige inédit. L’on accepte désormais l’hygiène dans la vie quotidienne comme faisant partie du paysage culturel notamment avec les découvertes de Pasteur de la fin du siècle: découverte des microbes en 1865, vaccin contre la rage en 1885.
B)Le siècle de l’état hygiéniste, la santé comme enjeu politique
Des liens se tissent très tôt entre la santé et la politique. Désormais l’état s’efforce de prévenir les épidémies. Les grandes épidémies de choléra de 1832 et 1849 renforcent cette prise de conscience. La troisième république consacre la mission hygiéniste de l’état. En 1850 une première loi sur les logements insalubres est votée. Cela bouscule les options libérales des élites. La loi de 1902 réglemente la santé dans chaque commune, la vaccination antivariolique devient obligatoire. Pendant la première guerre mondiale la France découvre les méthodes très interventionnistes de la fondation Rockefeller dans sa lutte contre la tuberculose. En Angleterre Edwin Chadwick(1800-1890) améliore les conditions sanitaires et la santé publique en contribuant a faire adopter les Poor Laws.
C)Diffusion et mondialisation: la santé a plus petite échelle
Un hygiénisme international se met vite en place a travers les congrès. Toute l’Europe est concernée car elle se trouve en butte aux problèmes de l’industrialisation et de l’urbanisation. Des conférences internationales d’hygiène se tiennent a Paris en 1851 et 1859. C’est la toute première discipline revendiquant un corpus savant a trouver une expression internationale. Les congrès évoluent vers la tentation de légiférer sur des sujets communs: prophylaxie internationale, vaccination obligatoire. On assiste même a une mondialisation de l’hygiénisme. Exemple: le Brésil. Influencées par Haussmann les autorités brésiliennes créent des jardins a Sao Paulo au début du siècle, des plans d’assainissement de traitements d’égouts a Rio de Janeiro.

III. Efficacité et limites de l‘hygiénisme
A)Géographie prospective et aménagement du territoire
Les effets de l’hygiénisme sont surtout visibles en milieu urbain. L’essor des connaissances hygiénistes permettent de créer un environnement plus salubre. Grace a des études minutieuses effectuées a grande échelle l’on répartit l’effort public selon les besoins. Avec de nouveaux procédés comme la statistique, l’utilisation des découpages administratifs ou la cartographie l’on met en place une sorte d’aménagement du territoire. C’est l’entrée de la géographie dans le domaine pratique dont les outils servent une planification urbaine. On découvre ainsi des « ilots insalubres »: on territorialise des faits pour pouvoir agir sur eux.
B)Transitions épidémiologiques
Cf. le schéma du cours
L’hygiénisme intervient souvent dans la phase II(âge de la récession des pandémies) et contribue a faire reculer les grandes maladies. L’hygiénisme influe aussi sur les maladies chroniques et dégénératives. Exemple: l’alcool. Le monde politique dans son ensemble manifestait une certaine indulgence envers la consommation d’alcool. Au XIX on commence a lutter contre lui. L’association française contre l’abus des boissons alcooliques est fondée an 1872 et reconnue d’utilité publique en 1880. La troisième république mise sur l’éducation de la jeunesse pour conjurer ce fléau.
C)Un nouvel hygiénisme: le problème des libertés individuelles
La principale limite de l’hygiénisme consiste en ce qu’il tend a réduire fortement les libertés individuelles. Certains parlent a l’heure actuelle d’un nouvel hygiénisme dans nos sociétés contemporaines. C’est une forme de contrôle sociétal qui tend a la normalisation sans limites. Les comportements a risques sont prohibés de la scène publique et privée. Pb donc entre la santé publique et la sphère privée. Cf. la volonté de l’actuel gouvernement d’obliger les SDF a dormir dans un lieu prévu a cet effet a moins de 6°C.

L’hygiénisme c’est donc tout d’abord un nouveau regard posé sur le monde, une attitude qui prend en compte l’environnement d’une façon renouvelée. C’est la prise de conscience que l’environnement physique aussi bien que social influe sur la santé de l’homme. C’est une pensée qui s’ancre dans un contexte d’urbanisation et de développement de l’industrialisation et qui s’appuie tout a la fois sur les courants néo-hippocratique et pastorien. Révélateur d’un nouvel environnement culturel et scientifique, il voit la mise en place d’un état hygiéniste qui fait naitre le concept de santé publique. A travers sa diffusion, l’on peut voir que l’hygiénisme marque un réel tournant dans l’histoire des sociétés humaines: changement d’attitude face au corps, face au sain et au malsain, face aux pratiques hygiéniques, a la mort et a l’environnement. Cet hygiénisme, pour tout efficace qu’il soit n’en comporte pas moins certaines limites. Il a en effet tendance a faire peu de cas des libertés individuelles au profit d’un projet beaucoup plus englobant et plus large.

Bibliographie:
Les hygiénistes, enjeux, modèles et pratiques sous la direction de Patrice Bourdelais
Archives du corps, la santé au XIXe siècle de Jacques Léonard
Les épidémies de François Delaporte
Le miasme et la jonquille de Alain Corbin
Histoire anecdotique de la propreté et des soins corporels de Ned Rival
Le ventre de Paris de Zola
1984 de George Orwell

anais

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