Une délocalisation très dangereuse

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Une délocalisation très dangereuse

Message  Guillaume le Mar 16 Déc - 0:41

L’exemple des tests du VGV-1 sur des malades du Sida en Chine en 2003, qui ont fait plusieurs victimes, met en évidence l’essor rapide des essais cliniques dans le monde en développement et les tensions engendrées par cette nouvelle forme de mondialisation. Les essais cliniques sont une obligation légale depuis le XXème siècle. Mais depuis 2000 l’expansion des laboratoires pharmaceutiques dans le monde et l’apparition de concurrents locaux dans les pays en développement ont entraîné une augmentation du nombre de tests réalisés dans les économies émergentes de la Chine, de l’Inde, de l’Europe de l’Est et de l’Amérique latine. En raison du niveau de soins relativement bas, ces pays comptent, de fait, quantité de patients n’ayant subi aucun traitement et désireux de se soumettre à des tests. Alors que dans de nombreux pays développés chaque médecin ne peut fournir qu’une poignée de patients, dans des pays très peuplés comme la Chine, un seul spécialiste peut en recevoir des dizaines par jour. Essai accéléré de plusieurs mois, homologation plus rapide du médicament, période de vente plus longue avant l’expiration du brevet. Alors que beaucoup de pays interdisent le premier test d’un médicament sur des humains, dans des pays comme l’Inde et la Chine, les organismes de surveillance sont de plus en plus disposés à autoriser des essais locaux une fois que le premier test sur des humains a été effectué dans un autre pays. La FDA (Food and Drug Association, l’autorité de régulation des médicaments et des aliments aux Etats-Unis) intensifie ses inspections à l’étranger, jusqu’ici très rares. On relève le fait que le pays où l’essai a été effectué n’accède au médicament que longtemps après son homologation en Occident, et que les patients sur lesquels le médicament a été testé avec succès ne peuvent plus en bénéficier une fois l’essai terminé, malgré les recommandations de l’article 30 de la déclaration d’Helsinki. Solutions possibles : réduire la sévérité des réglementations dans les pays développés (un des principaux facteurs de la délocalisation des essais) ou laisser la situation se réguler d’elle-même grâce à l’accroissement de l’attention portée aux médicaments biologiques et à l’orientation vers des traitements destinés à de plus petits sous-groupes de patients caractérisés par un patrimoine génétique particulier. (Andrew Jack, Financial Times dans le Hors-Série Courrier International)

Guillaume

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